vendredi 9 juillet 2010
Tu as de belles jambes.
dimanche 4 juillet 2010
Portuguaise
lundi 21 juin 2010
Constat
samedi 12 juin 2010
Pi
samedi 29 mai 2010
Sentir l'hiver
mardi 18 mai 2010
«Tu m'as-tu dit fuck you?»
jeudi 13 mai 2010
Pendant tout ce temps...
Grâce à des études précédentes, on savait déjà que les gens sensibles sont souvent timides et introvertis, qu'ils sont plus facilement effrayés, qu'ils sont davantage affectés par la caféine, qu'ils n'aiment pas le bruit ni les foules. Les enfants pleurent facilement, ont des pensées profondes et posent souvent des questions inusitées. Parce que leur sensibilité semble générale, ils ont tendance à observer avant d'agir.
Est-ce perdant d'être sensible? Pas du tout, s'entendent les biologistes. Si les individus sensibles - que l'on trouve au sein de plus de 100 espèces animales - sont toujours minoritaires, ils présentent un avantage évolutif dans des situations potentiellement dangereuse, au moment de faire un choix difficile ou lorsque l'occasion demande de l'ingéniosité.»
lundi 10 mai 2010
Into the sun?
jeudi 6 mai 2010
Mirrorball
We kissed like we invented it
And now I know what every step is for
To lead me to your door
Know that while you sleep
Everything has changed»
dimanche 2 mai 2010
Petit soleil
Comme pour te dire une promesse petit soleil. Sans la tenir, mais essayer.
Tu avais encore le doigt sur ma fesse gauche, et je dormais, en faisant semblant. Juste le temps que les mèches, bien placées malgré les élans, retombent sur tes yeux. L'oreiller presque déchiré sentait les fruits, témoin des cambrures, des coups et des orgasmes.
Tu soufflait sur mon oreille, et tes cheveux me réveillaient doucement avec l'odeur du blanc, du néant arrosé de roses, et le blond ramenait en pensée les regards qui n'en finissaient pas.
Toute la journée se passait au lit. Le soleil n'était qu'un passager qui repartait bien vite, prêt à s'éteindre pour l'ambiance. Tu riais, impossible à mentir et à cacher. Ma tête appuyée sur ta cuisse près de ton sexe, encore chaud et pris de spasmes, je caressais la ligne du fleuve, creusée après une vie de sorties en mer, incomprise et déchaînée par les vagues meurtrières des aurores. Seulement des corps qui brillent de sueur, des langues et des lèvres rougies par l'ardeur. Des images flous, des gestes qui ne s'ennuient jamais, comme des promesses à répétition.
Assise près de la fenêtre, le son qui s'échappait du mur vide accentuait tes soupirs. Tu paraissait dès lors plus jeune, presque complètement inconnue à cette vie, comme si tu n'avais jamais accepter de venir sur moi, pour te coller sur mon ventre en mordant mon épaule, les yeux noirs, malade de remords et de pitié. Mes étreintes n'y changeait rien.
Il te retrouvais nue, en pleine nuit, debout devant le miroir, à pleurer, te demandant si tu avais choisis le bon regard. Il flattait tes hanches, ta peau froide, si blanche, parfaite. Et tu le regardais pour le consoler de ne pas te croire.
Tâché de sang, battu, violé, puis sauvé par mes amours imaginaires. Tout le temps, à jamais, sans regarder derrière, nous avions compris, et j'étais bien là, seul, comme dans un film.
(...)
lundi 26 avril 2010
Écrit fictif immoral.
D’avoir été son amant ne m'avait rien apporté. Chaque fois, je venais en elle, et alors qu'elle était toujours étendue, nue, sur les draps entremêlés, je mettais mon pantalon en m'essuyant, et je marchais déjà vers la porte. Elle restait là, immobile, en sueur, les yeux presque encore fermés par l'effort, comme endormie, sans avoir le temps de dire un seul mot, tout au plus de soupirer. Seule une larme venait à m’atteindre, avant que je claque la porte, net.
Depuis dix ans, je glissais sur des femmes qui m'étaient totalement indifférentes. Mais elle avait été ce qui était le plus près d’Elle. Ce qui lui ressemblait le plus. Avec ses seins, le mamelon bien ressorti, bien pris entre mes lèvres, frissonnant au moindre contact de lumière. Et elle ne pesait rien, de sorte que je pouvais la posséder contre le mur avec un seul bras, sous les fesses, en lui tenant la nuque pour bien plaquer sa bouche contre la mienne, et pouvoir la boire.
Mais comment, donc, en étais-je arrivé à revenir vers elle. Et pourquoi prenais-je le temps de la faire sentir aimé. Je lui soufflais des mots avec une douceur que je n'avais jamais eue, même en amour. Mes yeux envers elle étaient plus amoureux encore que dans une baise de rupture. Et mes doigts étaient plus curieux que lors de ma première fois.
Et je revenais irrémédiablement vers elle, vers son sexe. Je crois que, en la possédant, je voulais sentir ses yeux me regarder avec admiration, se poser des questions, ne pas comprendre le personnage. C'était peut-être pour moi, que je la baisais. Mais elle, elle ne m'apportait rien. Sinon peut-être des larmes.
dimanche 25 avril 2010
Latent
samedi 24 avril 2010
Cerca de tu corazón
vendredi 16 avril 2010
Les sentinelles
Nous étions plus jeunes à l'époque. Encore saoulés par l'amour des premiers jours, des nuits blanches de découvertes et de langues, des poèmes insensés sur les parties du corps et des phrases dites sans raison.
C'était la première fois que je t'avais donné rendez-vous. Nous nous étions vus souvent, avant cette soirée, mais il y avait toujours eu ce quelque chose de plus formel, une barrière de concessions et de convenances. Mais ce rendez-vous était spécial, tu avais dit oui sans hésiter, en offrant tout de suite d'apporter la bouteille, tu m'avais laisser choisir le resto, et tu avais pris congé le lendemain, pour en profiter que tu disais.
C'était en août, et le temps était encore relativement doux. C'était une soirée noire, sec et chaude. Tu es arrivé avec une petite robe rouge et blanche retenue par deux minces bretelles, déposées sur les fines courbes descendantes près de tes épaules, celle de droite cachant un grain de beauté, accentuant le désir que j'avais de cacher mon souffle dans le creux de ta nuque, puis derrière l'oreille, te faire soupirer de frissons. La robe laissait paraître ton dos, rose, que j'imaginais déjà couvrir de baisers et de mots, jusqu'au matin, dans une chambre inconnue, toute en blanc et en couvertures, coupé de tout, où seule l'orangé pourrait nous sortir de cette dimension, ni vivants ni morts.
Tes yeux brillaient, et en souriant, tu avais cette petite ligne près des yeux qui prouvait que ce rire était sincère, et fébrile aussi. Tu m'as embrassé sur la joue, en prenant mon bras, tellement doucement que mes jambes ont fléchis. Mais tu avais cet espèce de voile, ce questionnement, que je n'arrivais pas à cerner, pour l'instant.
Nous étions sur le pavé, rue Duluth, et les lanternes faisaient miroiter le jaune et le rouge dans tes pupilles. Avant d'entrer dans le restaurant, tu m'as pris la main pour m'arrêter. Tu m'as légèrement tirer vers toi, pour que je me retourne, et tu t'es avancé, très lentement. Ta robe rebondissait presque sur ta poitrine qui retenait un cœur que je sentais complètement affolé. Ton souffle réchauffait mes lèvres sèches. Tu n'as pas détourné ton regard de mes yeux une seule fois, et tu t'es encore approché. Je sentais sur moi la pointe de tes seins, tu étais chaude, mais tu frissonnais, et tout s'est enveloppé autour de nous. J'ai déposé ma main sur ta hanche, pour te coller sur moi, pour t'inviter. Tout s'est évanoui.
Puis tu m'as embrassé.
Très doucement, juste en déposant tes lèvres. Tes doigts sur ma nuque, tu me retenais, comme si tu avais peur de perdre ce moment, que les oiseaux s'envolent. Je te serrais contre moi, pour te rassurer, pour attendre l'automne, avec toi.
Avec ton autre main, tu rapprochais ton sexe de ma cuisse, déjà vibrant de demandes et d'inconnu. Et en collant tes lèvres sur mon oreille, en murmurant, tu m'as demandé de t'emmener. Je t'ai regardé, pour te sourire, puis nous sommes partis, les mains ensemble.
Cette nuit-là, au delà des bruits et des sentinelles, les échos de nos cris et les regards ont réduis à néant le reste de nos jours, à présent inutiles.
lundi 12 avril 2010
Vénus
Tellement de gestes dans un si petit instant, sermons des promenades, près des peupliers et des cailloux. Dans l'attente lascive de la chute, près des lamentations. Les effluves inconnues se mélangent, et effritent celui qui ne fait que vouloir. Dans un profond chagrin, il se perd, et se cognent aux murs de sel, érigés des larmes de celle qu'il fait pleurer.
jeudi 8 avril 2010
mercredi 7 avril 2010
Lapse
Les soirs de mai, près du jour, on entendra les sanglots des rêves imparfaits, les orgasmes incompris, et les histoires sans nom. Seulement pour faire beau. Et dans ce grand souffle d'hiver, il s'entendra penser à l'amour.
Mais bientôt, il n'en restera rien. Les yeux effacés par les Yeux, les mots effacés par les Mots, plus nombreux, en furie contre le monde, en manque de chaleur. Les lèvres sur son cou, ils tueront tout ce qui a été fait, pensé, et dit.
Ils s'arrêteront pour nous montrer leur desseins, leurs intentions pour l'amour, pour le crier. Prêts à tout pour se toucher, se prendre, brûler les envies et les tordre pour qu'il n'en reste que les os. Sans savoir vraiment qui sont ces inconnus qui les regardent, main dans la main, ils descendront dans le lac, près du parc où ils se sont rencontrés.
Et dans quelques années, las de vouloir trop aimer, il reviendra jouir dans l'ombre du souffle d'hiver.
jeudi 1 avril 2010
Arbre
mardi 30 mars 2010
Les journée noires (ajout)
lundi 29 mars 2010
Les journée noires
samedi 27 mars 2010
pas sages
Schéma
vendredi 26 mars 2010
Août
mercredi 24 mars 2010
Discipline
lundi 22 mars 2010
La main sur le cul
lundi 15 mars 2010
Cri
jeudi 11 mars 2010
Défibrilation (ou choc au coeur)
lundi 5 octobre 2009
Épilogue
jeudi 10 septembre 2009
Pogné
mardi 8 septembre 2009
S'asseoir dessus.
mardi 1 septembre 2009
Feu de guimauve
samedi 15 août 2009
L'autre bord
lundi 3 août 2009
Su'a table
mardi 14 juillet 2009
132
mardi 30 juin 2009
The
vendredi 26 juin 2009
Kaki
samedi 13 juin 2009
Lundi
Je réponds à votre courrier cette semaine. Natasha veut savoir pourquoi la vie est si dure, elle qui vient de sortir d'une relation désastreuse pour la deuxième fois de suite.
Natasha, Natasha, Natasha... Je vais te dire une seule chose; Sèche. Reste dans ton coin pis attends. Pis si le prince charmant arrive pas, reste toute seule. Tu seras jamais plus malheureuse que ta mère. Elle qui t'a élevé, toi pis tes trois frères, qu'elle faisait l'amour une fois par trois semaines, par en arrière parce que monsieur aimait ça moins slaque, pis qu'elle devait lui faire sa pipe mensuelle le samedi soir avant qu'il s'endorme devant le hockey.
Antoine quant à lui veut savoir où est le bonheur.
Et bien c'est simple. En ce moment, le bonheur, c'est comme les oiseaux. Il se cache pour mourir.
Et finalement, Gustavus me demande de donner mes conseils en matière de rencontre.
Tout d'abord, ne restez pas vous-mêmes. Créez-vous un personnage loin de vous, attachant, drôle, sensible et poli. Essayez le plus possible de coucher avec la fille le premier soir, faites semblant d'éprouver de l'amour pour elle en la regardant dans les yeux lors de l'orgasme, et remerciez-la de vous avoir montrer à vous laisser aller. Pour finir, commandez-vous une pizza et dites qu'elle doit absolument partir puisque vous ne la connaissez pas vraiment et que les choses vont trop vite à votre goût.
Bonne semaine!
jeudi 11 juin 2009
I'm sorry
mercredi 13 mai 2009
Octobre
mardi 12 mai 2009
Grande brune
dimanche 3 mai 2009
Yoga time
dimanche 12 avril 2009
1,75$
J'attendais que le cycle de la sécheuse finisse. Je suis obligé d'aller à la buanderie, mais c'est quelque chose que j'aime faire. C'est cinquante-sept minutes qui m'obligent à arrêter. Regarder les gens aller et venir. Toutes sortes de gens. Les observer dans les moments figés, ceux des allers-retours des poches de linges, des grandes brassées, et des chasse-taches.
Il y a quelque chose de spécial avec les buanderies. Une sorte d'aura que leur a donnée le cinéma romantique, celui des rencontres fantasmagoriques de deux êtres esseulés prêts à tomber en amour d'un simple regard entre deux pliages de petite culotte, pris dans un tourbillon de bruits répétitifs telle une métaphore sexuelle peu subtile d'un coït intense et bruyant.
Une blonde, sortie fraîchement du Plateau, dépose son sac près de moi, avec ses lunettes de soleil encore sur les yeux, comme une artiste désinvolte d'un film de Woody Allen. Les reflets des néons trop bleus font briller ses cheveux d'ange, et son jeans épouse ses formes presque perversement. Elle me lance un regard, juste pendant une seconde, comme une invitation déguisée, un défi lancé au hasard.
Toutes les machines tournent, mais nous sommes seuls. Je ne veux pas bouger, de peur de gâcher la tension qui s'installe, prête à s'effondrer au moindre faux pas. Elle s'asseoit, ouvre un livre, puis expire profondément. Je peux sentir son haleine de fruits, et son bras nu qui frôle maintenant ma cuisse. Tout est à l'accéléré, et j'oublie au fur et à mesure. Le battement de mon coeur résonne vite et fort dans mes oreilles, et il remplace le bruit du métal qui tourne. J'ai chaud. Elle replace une mèche de cheveux derrière son oreille, geste parfait, moment parfait.
Elle se tourne, et me fixe. Je dois absolument me tourner, ça se fait tout seul. Du bleu dans du bleu. Ses yeux brillent, et elle sourit nerveusement. Elle s'approche, le souffle court, hésitante, se mord les lèvres. Puis elle m'embrasse. Un baiser chaud et mouillé. Elle s'appuie sur mon cou pour me retenir sur sa bouche. Elle goûte les mûres.
J'ouvre les yeux. Je ferme mon livre, ramasse mon linge, et j'essaie de cacher cette bosse dans mon pantalon en quittant la buanderie, vide.
mardi 7 avril 2009
Bouges pu l'antenne
En fait, j'adore la télé. La bonne télé surtout. Et je ne peux pas m’en passer.
De l’air calme et ironique de Martha Stewart dans son émission de cuisine jusqu'à la voix grave et vibrante de Pierre Lebeau dans les annonces de La Cage aux Sports, j'aime me faire divertir. Qu'on me fasse oublier. Qu'on fasse sortir en moi le côté critique inutile à la Hugo Dumas.
J’aime regarder une série télé en rafale durant toute une journée, et j’adore regarder une émission de table ronde et faire comme si j’en faisais partie. J’aime aussi voir une bonne pub, francophone, bien faite, et avec un bon concept. Et il n’y a rien comme rire des émissions d’astrologie et de ligne érotique à 4h00 du matin en boxers en buvant une bière.
La télé est essentielle, et jamais rien ne pourra la remplacer, même pas l’Internet. Jamais une famille ne se rassemblera autour d’un ordinateur pour regarder une émission le dimanche soir. Une télévision, c’est un membre de la communauté à part entière. Ça respire. C’est vivant. Ça réconforte et ça nous fait sentir moins seul. C’est toujours là tant qu’il y a du courant. Peu importe ce qui se passe, y’a toujours quelqu’un qui nous parle.
J’ai appris presque la moitié de ce que je sais grâce à la télévision. Peut-être même plus. Et je suis contre l’idée de mettre en ligne les épisodes d’une série, comme le fait présentement la télévision d’État. Mettre ce qui est destiné à la télévision sur un support tel que l’Internet brise tout ce que la télévision a construit depuis qu’elle existe. Cela implique que l’auditoire peut voir sa télésérie favorite n’importe quand, n’importe où, et dans n’importe quelle condition. Et non, ce n’est pas la même chose que les séries sur DVD. L’Internet, c’est beaucoup moins personnel. C’est aussi froid que la masturbation.
Je me souviens encore de la merveilleuse époque où toute les familles attendaient le jour où le nouvel épisode de La Petite Vie passait en onde. Plus de 3 millions de personnes étaient rivées à leurs écrans et regardaient religieusement le plus grand phénomène de société de l’histoire comtemporaine du Québec (à l’exception peut-être du référendum et du flashage de lumière avec Jean-Marc Parent). Tout le monde est même capable de se souvenir que Les Gâteaux Vachon étaient les commanditaires. Et je revois encore les discussions qu’on avait durant les pauses publicitaires sur les gags de Meunier, et pareil dans la cour d’école le lendemain. On avait juste hâte au prochain épisode, et on en parlait toute la semaine.
Et c’est pour ça que la télévision est beaucoup plus qu’un divertissement. Elle nous rassemblait en tant que société et tant que peuple. Elle faisait partie de notre mode de vie, et pour le mieux.lundi 30 mars 2009
Cachez votre chose monsieur
dimanche 22 mars 2009
Chien au-dessus d'un nid de coucou
mercredi 18 mars 2009
Chanson... via country!
mardi 17 mars 2009
Crac-pot
jeudi 19 février 2009
Mes amis.
dimanche 1 février 2009
Saint-Joseph
Le malheur envahissait l'odeur de l'herbe, les oiseaux me regardaient, sereins, immobiles, prêts à manger les restes. Toutes les secondes se faisaient rattraper par l'oubli, enveloppant l'air de blanc, et d'invisible.
Le froid s'attaquait à mes yeux, si bien qu'ils devinrent noirs, de honte et de peur. Je devenais fort, invincible, capable d'oublier, enfin. Mais la maison avait brûlé les restes. Et je pus mourir dans la dignité qui m'avait créée, devenue si vite inutile.
dimanche 28 décembre 2008
La grande promenade
Même s'il ne parlait pas, j'avais l'impression que jamais un homme n'avait été aussi bruyant. Son regard se multipliait, et il remplissait la pièce, jusqu'alors trop petite pour contenir sa présence. J'imaginais que sa maison avait un grand respect pour cet homme, comme son maître, son protecteur. Lui qui avait mis son sang et sa sueur sur ses poutres et ses entrailles, chaudes et jaunes jusqu'à la terre. Lui qui l'avait réchauffée dans les plus froides nuits d'hiver. Il lui avait prêté tout son savoir, ses souvenirs. Elle lui laissait maintenant toute la place, et le soutenait dans ses derniers efforts, sa dernière promenade, plus lente qu'à l'habitude. Et son respect témoignait du fait qu'elle avait compris.
Même si sa mémoire lui jouait des tours, il savait très bien saisir l'ampleur du moment, où un mot aurait été plus vide de sens que la mort elle-même. Seul le craquement de la chaise qui se balançait, elle qui le connaissait si bien, calmait et apaisait ma peine et mon grand désarroi. J'étais assis là, respirant difficilement, cherchant à faire le moins de bruit possible. Le temps que nous passions ensemble effaçait absolument tout, tout ce qui avait été dit, ce qui avait été ri, et pleuré. Seul ce moment comptait.
Je regardais ses rides, ses yeux, brillants, qui cherchaient la lumière, encore émerveillés par les nuages, et son subtil sourire, calme, comme une chanson fredonnée. Ses mains croisées trahissaient son savoir, posées sur son genou comme une lettre d'adieu. Ses gestes, aussi anodins soient-ils, m'impressionnaient, comme s'ils étaient des oeuvres à part entière, figées à jamais dans ma mémoire, comme un tableau qui pose des questions, sans cesse interprété de différentes manières. Lui qui n'avait été qu'un spectateur toute sa vie se faisait regarder pour la première fois, mais cela faisait qu'il n'en était que plus fier.
Il posa son regard sur moi, puis ferma les yeux en souriant. Et le craquement arrêta.
Au revoir grand-papa.
vendredi 26 décembre 2008
Matin de juin
L'intérieur de ses cuisses était si doux, si fragile, il me semblait précaire, prêt à s'effronder, à tomber dans le vide du désespoir, du non-sens, et à tout oublier. Sans foi ni loi. Juste pour dire qu'elle l'a vécu, durant quelques secondes, puis en parler comme d'une merveille, qui n'arrive qu'une fois. Avoir une fois ce sentiment, mais l'oublier tellement vite qu'il disparaît et se fait désirer aussitôt. Ses yeux savaient crier, et les lignes de blanc qui se dessinaient n'avaient rien de durable, si ce n'est le rire que cela allait provoquer.
mardi 9 décembre 2008
Vers le large
Lorsque je me réveilla le lendemain matin, dans mon lit, elle me chevauchait, les yeux encore épuisés, faisant poursuivre mon rêve de douceur, pensant au monde imaginaire du ralenti, encore plus doux qu'à l'habitude.
Elle dormait sur le divan, se préparant à manger sa proie. Je regardais les arbres, qui se balançaient sur le vent, semblant demander leur chemin vers d'autres lieux, voulant s'envoler et revenir au début du cycle, sans souvenir et sans regard, juste pour avoir la surprise de vouloir apprendre, juste pour dire les mots dont l'on ne se lasse pas, pour faire les gestes inconscients, pour oublier le temps, et mourir sans arrêt.
samedi 6 décembre 2008
Défi
Ça devait faire deux mois. On faisait l'amour à tous les jours, parfois le matin. C'est tout ce qu'on espérait. C'est tout ce qu'on voulait. On se regardait, en s'embrassait à pleine bouche, les yeux remplis de lueur, et la langue amoureuse. Elle riait, elle jouissait fort, intensément, et elle disait qu'elle n'avait jamais autant aimé quelqu'un. Que personne auparavant ne l'avait comprise aussi profondément, ne l'avait regardait de cette façon.
Sa façon de dire les choses me fascinait. J'avais cette bizarre impression qu'elle était réellement en amour avec moi. Que ses attentions particulières avaient véritablement pour but de me rendre heureux.
Un matin que nous jouissâmes à l'unisson, elle me regarda, encore quelque peu sur l'orgasme, et elle dit, de tout son coeur, qu'elle serait prête à faire n'importe quoi pour moi. Je me retirai, et je la regardai pendant plusieurs secondes, cherchant le moindre mensonge, la moindre hésitation. Mais tout était vrai. Ses yeux étaient intactes, et cela me faisait peur. C'est là que tout a commencé.
À partir de ce moment, plus rien n'a été pareil. Même si je lui répétait que ce qu'elle disait était utopique, sans fondement sensé, propre aux rêves, elle continuait de répéter qu'elle ferait n'importe quoi. Vraiment? Vraiment. Moi aussi, j'aurais fait n'importe quoi, c'était évident, mais jamais je n'aurais pensé que cela irait aussi loin.
Je prenais plaisir à la faire souffrir. Je lui faisait seulement vivre les conséquences de ses paroles. Étant donné qu'elle était prête à tout, je lui dit pour commencer que se faire baiser par mes amis serait une preuve d'amour exceptionnelle, et qu'à mes yeux, elle serait la femme la plus aimante que je connaisse. Bien sûr, elle n'hésita pas un seul instant. Je dus admettre que la rigueur avec laquelle elle remplissait mes ordres était impressionnante.
vendredi 28 novembre 2008
Appelle-moi
Juste un instant, s'échapper de la bouche des morts, sortir du front, respirer, et pouvoir dire qui l'on est. Avoir le courage de reculer. Embrasser l'inutile, et se laisser faire du mieux que l'on peut.
Reconnaître ses alliés, sourires communs. Se laisser prendre au jeu, puis se faire prendre, et tout perdre.
Renoncer aux plus grands honneurs, et sourire, en sachant le secret, le mystère. Sourire en cachant tout ce qu'une seule voudra voir. Entendre les rires, les souvenirs, mais les oublier, au profit de l'inconnu, et des yeux noirs. En voyant ce qui nous attend, apprivoiser ce que l'on a du mal à comprendre.
En espérant que les draps se soudent, mais en rêvant qu'ils brûlent. Salis par le jour, chaque jour, puis surpris par la nuit. La nuit la plus longue, et la plus claire.
Juste sentir son parfum de mûres, toucher ses seins parfaits, sa peau, douce, et être le seul à la comprendre. Être entre ses jambes, et glisser sa langue. La faire jouir, puis partir.
samedi 22 novembre 2008
L'île du survivant
Tous mes coéquipiers avaient quittés depuis un temps, et ils nageaient maintenant vers une île dont je ne connaissais le nom. Pourtant, j'aurais aimé.
Je nageais du plus fort que je pouvais, mais je ne réussissais pas à les rattraper. J'étais à tous les coups rabattu par une vague. Mais même si je voulais, l'île ne voulait pas de moi. Elle m'était hostile. Les palmiers et le sable ne voulaient pas me goûter.
Je les regardais au loin, tout sourire, m'envoyant la main, confiants. Il me semblait qu'ils riaient de moi, pris au piège dans mon immense trou, profond et froid, loin des regards, loin des étreintes, seul.
Mais je savais l'origine de cette eau, de cette vague qui nous avait tous avalés, mais qui n'avait recraché que moi.
samedi 15 novembre 2008
Nuit d'été
Il faisait noir depuis deux heures au moins, et le bruit de l'eau enveloppait tout.
Nous étions assis depuis un bon moment, côte à côte, sans parler. Ce moment de silence était volontaire, comme un défi lancé à chacun. Comme une promesse de dépasser la limite du non-retour ensemble. De franchir la barrière délibéremment.
Sa main était sur ma cuisse. La chaleur mêlée au vent l'avait figée. La corde qui retenait sa camisole en place risquait de tomber à tout moment, fragilement retenue par la sueur de son épaule. Quelques mèches s'obstinaient sur son front, cachant le noir. Elles retombaient aussitôt qu'elle les replaçait derrière son oreille.
Ses yeux semblaient former un puit. Elle détacha mon pantalon, et glissa sa main. Ses yeux s'obscurcissent, et la corde de la camisole abandonna.
Elle vînt s'asseoir sur moi, et pris ma nuque dans ses mains, froides. Et elle m'embrassa, sensuellement, perversement. Sa langue me faisait mal, elle me buvait. Elle me tuait. Après un temps, elle s'enfonça.
Ses cuisses, douces et chaudes, se serraient contre mon dos. Elles glissaient sur la sueur. Le sexe sentait fort. Son désir en voulait plus. Elle me criait de lui faire mal. Elle voulait crier. Se saouler à mort. Se prendre pour une cocaïnomane. Crier et fermer les yeux. Se prendre pour un souvenir, penser au passé, sourire au présent, mais résister.
Elle m'embrasse par coups, elle veut gémir, mais je lui en empêche. Elle veut frapper, mais je la retient. Elle est soumise par je ne sais quoi, par elle sans doute.
Si on ferme les yeux, on est mort. On est vide. Elle est vide. Elle tue le moment. Elle brise la pellicule. Elle interrompt la musique.
Elle pense aux images multicolores, aux paysages qui n'arrivent qu'une fois, qu'une seconde. Ses mains en veulent plus, son va-et-vient n'en vient pas à bout, fatiguer de faire semblant, content d'avoir commencé, mais heureux d'avoir fini.
Elle me regardait comme une enfant malhonnête, se cachant de son propre rêve. Nos ventres étaient soudés, comme deux briques. Elle s'appuyait sur moi.
L'écho de ses cris revenaient en témoins. La lune projetait sur elle un voile, invisible.
Puis la forêt se réveilla, sans jamais avoir dormi pour autant.
mardi 4 novembre 2008
Nuit d'hiver
Été 2009
lundi 3 novembre 2008
Karma
samedi 1 novembre 2008
Étourdi
Être dans le paroxysme sans rien pouvoir dire.
Ne jamais trembler et ne jamais laisser paraître.
En surface et du plus profond de son coeur, cacher.
En s'endormant, le plafond brille et le bruit enveloppe,
la chaleur calme faussement, le sourire fait sourire,
la peur du changement brise le réel, le refus s'empare.
L'aurore du matin surprend, puis prend tout son sens.
La vérité sort des pupilles de l'inconnue, la plus connue d'entre tous.
Éloigner le manque et le vrai,
Cacher la paresse du malheureux,
Ouvrir la seule porte entrouverte, la plus lourde,
Et fracasser l'inconnue, et la perdre, pour toujours.
mercredi 8 octobre 2008
mercredi 10 septembre 2008
Demain
Comme une musique qu'on aime qui n'arrête jamais.
'Coudre la bouche de ceux qui restent conscients.'
Tuer tout ce qui est sur notre route.
Anéantir le doute. Ne faire vivre que le pur, le blanc.
Articuler la mélodie pour qu'elle colle à notre ventre.
Défendre les larmes qui coulent de haut.
Écrire les romans du futur.
Brouiller les pistes.
Puis mourir.