lundi 30 mars 2009

Cachez votre chose monsieur

J'ai lu quelque part qu'au Liban, on vient de lancer un magazine, Jasad  - qui veut dire "corps" en arabe -  qui parle principalement de sexe. Masturbation, homosexualité, première fois, à peu près tous les sujets sont abordés. Le dernier numéro avait comme sujet principal le pénis. C'est le premier magazine du genre dans les pays arabes.

En lisant l'article, je m'attendais bien sûr à y retrouver un segment où l'on parlerait de toutes les personnes qui se sont indignés face à cette revue. Et bien sûr, on en parlait. Un collectif d'organisations féministes dénoncent le magazine, déclarant entre autre qu'il est immoral de montrer à 'leurs' jeunes à faire l'amour.

En y repensant, il était pratiquement impossible que cette revue en question ne fasse pas l'objet de critiques et de mécontentements. Beaucoup de gens cherchent constamment à mettre des barrières et des limites. Et avec la relation que les gens de cette partie du globe entretiennent avec Dieu, c'est plus sérieux on dirait. Bien sûr, ici, des chialeux, il y en a. Mais je crois que c'est pire là-bas.

Ici, lorsqu'il y a du chialage sur un truc du genre, un film, un livre, une pièce ou quoi que ce soit d'autre, on en rit un peu, pis ça sort au grand public quand même, pis c'est souvent acclamé par la critique. C'est perçu comme de l'underground, comme du génie, de l'avant-gardisme, du post-néo-réalisme, de la maladie mental, ou de l'obsession. Jamais personne aura de procès pour ça.

Je veux juste dire qu'on est chanceux. Qu'au Québec, on peut se permettre de faire à peu près n'importe quoi. On peut voir Isabelle Blais flambant nue dans un film grand public, assister à la pièce de théâtre (j'oublie le nom) où tous les comédiens baisait et se masturbait sur la scène et dans la salle, ou on peut aussi manifester pour à peu près tout ce qui existe. Ici, tout est permis, ou presque. Pis faut en profiter, c'est tout.

dimanche 22 mars 2009

Chien au-dessus d'un nid de coucou

On était dimanche. Il devait être 7h30. Je dormais encore. Très bien même. Presque pas d'autos qui passent sur le boulevard. C'est très rare un dimanche matin.

Ma chère voisine d'en haut se met alors à siphonner son plancher (lire: mon plafond) avec sa balayeuse. Elle recommence le même manège à peu près toute les semaines, parfois plus tôt. Évidemment, elle essaie d'enterrer le bruit de la balayeuse avec le bruit de ses souliers. Très agréable. Surtout lorsque son chien essaie d'attraper cet étrange et excitant objet qui aspire l'air et qui fait un bruit bizarre.

La question que je vous pose: à quelle heure peut-on faire du bruit un dimanche matin? Il me semble que lorsque j'étais petit, c'est-à-dire plus jeune, on m'a appris à ne pas téléphoner chez les gens avant 10h00 le matin, surtout le dimanche. Et on peut lire entre les lignes qu'il ne faut pas créer un bruit qui risque de réveiller les personnes qui dorment encore. Et même si je viens de la campagne, je pense pas que je suis le seul à penser ça.

Tout cela est autant plus frustrant que ma chère voisine et son adorable mari ne semblent pas avoir d'horaire de vie. Quelqu'un prend une douche à 2h00 du matin, et l'autre la prend à 6h00 le matin. Et la douche, on l'entend. 

Je veux pas avoir l'air du gars qui arrête pas de chialer contre les locataires de son immeuble (comme ma voisine qui est également l'experte en la matière, croyez-le ou non), mais on s'entends-tu que lorsqu'on accepte de vivre en société, en l'occurence une société séparée par seulement un mur, on pourrait peut-être prendre en considération que ce n'est pas tout le monde qui partage le même horaire. Qu'on pourrait faire les trucs qui font le plus de bruit dans une plage horaire décente.

Et bien comme je pars de ce merveilleux endroit le 30 juin prochain, j'ai officiellement décidé de dédier mes dernières semaines à la faire chier. Juste parce que je trouve ça drôle. Et je m'assume.

mercredi 18 mars 2009

Chanson... via country!

L'autre jour, j'écoutais une merveilleuse émission sur le canal TV Cogeco qui s'appelle 'Chanson... via country'. Vers le milieu de l'émission, une certaine Chantale arrive sur le plateau, invitée par l'animateur à la moustache.


L'animateur:   Pis, d'où est-ce qu'on te connaît? Je regarde ton jeune âge là, pis tu est un peu la relève?...

Chantale:   (qui doit avoir 37 ans) Ouin, on peut dire...

L'animateur:   Pis c'est quoi ton merveilleux parcours?

Chantale:   Ben j'ai fait beaucoup de salle de spectacle, pis là, je viens de sortir mon nouvel album... Pis l'année passée, j'ai fait la première partie de Dany Bédard. (vraiment excitée)

L'animateur  : Bon ben là, on va entendre une de tes chansons.

Chantale:   Ouais, c'est la chanson qui m'a fait connaître, ça s'appelle 'Je te reverrai'...


Un moment de télévision absolument délicieux. Mention spéciale aux musiciens qui avaient tous acheté de nouveaux instruments la veille de l'émission. Ils avaient l'air stressé, mais ils ont quand même bien performé, même s'ils se lançaient parfois des petits regards complices pour être sûrs d'embarquer dans le refrain en même temps.

C'était ensuite au tour de Marlène Croteau de venir sur la scène. Du bonbon pour les yeux. 

mardi 17 mars 2009

Crac-pot

Pour une des rares fois, je vous écris en tant que personne non-fictive et tout à fait réelle. Juste parce que ça fait du bien des fois, et aussi parce que je me fais reprocher, par vous, mes nombreux lecteurs, de vivre dans un monde qui frôle parfois trop la morale et la folie.

Et bien sachez qu'il n'en est rien. En fait, je suis probablement une des personnes les plus terre à terre qui soit. Le dossier est clos.

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Cette semaine, les bars ont enfin déneigé leurs terrasses, pour le plus grand bien des Montréalais. C'étais beau de nous voir,  tous attablés avec une bonne bière froide, avec nos tuques pis nos mitaines. C'est vraiment juste à Montréal qu'on peut vivre ça.

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La fin de l'hiver rime avec la fin de la grande dépression annuelle. Et il faut fêter ça. Pour ma part, je compte aller m'excuser auprès de toutes les personne que j'ai fait chier durant les dernières semaines.

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Ok. Je vais vous achaler une dernière fois avec ça. LA série télé qu'il faut voir, c'est Six feet under, écrit par le scénariste de American Beauty, Alan Ball. C'est vraiment une expérience en soi. C'est l'histoire d'une famille de thanatopracteur (croque-mort) qui essait tant bien que mal de gérer l'entreprise familiale. Il y a cinq saisons d'à peu près douze épisodes, et plusieurs sont littéralement des petits chefs-d'oeuvre de télévision américaine. Bon. C'était la dernière fois que je vous en parlais. 

Juste vous dire que j'ai aussi commencé à écouter True blood, également écrit par Alan Ball. Très très bon.

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J'essaie d'écrire un film en ce moment, possiblement pour le tourner cet été. Je crois que j'ai trouvé mon sujet, mais j'ai pas ma fin. Je ne m'en fais pas trop, car si l'école m'a au moins appris une chose, c'est que ce n'est pas la destination qui compte, mais la route que tu empruntes. Très moralisateur, hen? Je vous l'avais dit que je prenais pas ça de moi.

jeudi 19 février 2009

Mes amis.

Nous avançons dans des directions opposées, mais nous n'avons jamais été aussi proches. L'éloignement est nécessaire. Pour se connaître, s'aimer, se regarder, et pleurer aussi, nous n'avons qu'à partir un peu, juste le temps d'une baise, d'un french, d'un regard, et des fois plus. Et puis on se retrouve comme avant, avec les heures impossibles, avec les bouteilles, les rires, avec toutes les conneries, les chicanes, les crises et toutes les larmes, avec toute la musique du monde et les solos de guitare, ou presque, avec les surprises, les imprévus, les drôles de gens et ceux qui nous font rire, avec tous les noms bizarres, les personnages, les malaises, les odeurs, les pognages de fesses et les baisers, avec le whisky que tout le monde aime détester, avec les sauvetages, les blackouts et les lendemains trop clairs, avec toute la vie devant soit, et avec le sentiment que tout ça, ça ne changera jamais. Avec tout ça.

Je vous aime les amis. 

dimanche 1 février 2009

Saint-Joseph

J'étais seul et je pleurais. J'avais pris soin de partir sans le dire à personne et sans que personne ne me voit. Sans sac, sans argent, sans rien. J'avais mes mains et mes rides, mon coeur et ma merde. Et j'étais dans une forêt beaucoup plus grande que moi.

Je criais depuis deux heures, et aucune réponse ne se faisait entendre. J'étais vraiment seul. J'étais bien. Accroupi contre les épines de l'arbre, je grelottais, nu, pensant à toutes les fois, tous les moments gâchés, la peur qui voulait sortir du ventre, le rire contre la tempe, prêt à sauter.

Le malheur envahissait l'odeur de l'herbe, les oiseaux me regardaient, sereins, immobiles, prêts à manger les restes. Toutes les secondes se faisaient rattraper par l'oubli, enveloppant l'air de blanc, et d'invisible.

Le froid s'attaquait à mes yeux, si bien qu'ils devinrent noirs, de honte et de peur. Je devenais fort, invincible, capable d'oublier, enfin. Mais la maison avait brûlé les restes. Et je pus mourir dans la dignité qui m'avait créée, devenue si vite inutile.

dimanche 28 décembre 2008

La grande promenade

Il n'y avait aucun bruit. Seul la vague qui venait chatouiller les rochers parraissait vouloir exister. Elle revenait sans arrêt me poser des questions, ou plutôt une question, toujours la même. Elle voulait savoir pourquoi tout ce silence. Elle s'inquiétait.

Même s'il ne parlait pas, j'avais l'impression que jamais un homme n'avait été aussi bruyant. Son regard se multipliait, et il remplissait la pièce, jusqu'alors trop petite pour contenir sa présence. J'imaginais que sa maison avait un grand respect pour cet homme, comme son maître, son protecteur. Lui qui avait mis son sang et sa sueur sur ses poutres et ses entrailles, chaudes et jaunes jusqu'à la terre. Lui qui l'avait réchauffée dans les plus froides nuits d'hiver. Il lui avait prêté tout son savoir, ses souvenirs. Elle lui laissait maintenant toute la place, et le soutenait dans ses derniers efforts, sa dernière promenade, plus lente qu'à l'habitude. Et son respect témoignait du fait qu'elle avait compris.

Même si sa mémoire lui jouait des tours, il savait très bien saisir l'ampleur du moment, où un mot aurait été plus vide de sens que la mort elle-même. Seul le craquement de la chaise qui se balançait, elle qui le connaissait si bien, calmait et apaisait ma peine et mon grand désarroi. J'étais assis là, respirant difficilement, cherchant à faire le moins de bruit possible. Le temps que nous passions ensemble effaçait absolument tout, tout ce qui avait été dit, ce qui avait été ri, et pleuré. Seul ce moment comptait.

Je regardais ses rides, ses yeux, brillants, qui cherchaient la lumière, encore émerveillés par les nuages, et son subtil sourire, calme, comme une chanson fredonnée. Ses mains croisées trahissaient son savoir, posées sur son genou comme une lettre d'adieu. Ses gestes, aussi anodins soient-ils, m'impressionnaient, comme s'ils étaient des oeuvres à part entière, figées à jamais dans ma mémoire, comme un tableau qui pose des questions, sans cesse interprété de différentes manières. Lui qui n'avait été qu'un spectateur toute sa vie se faisait regarder pour la première fois, mais cela faisait qu'il n'en était que plus fier.

Il posa son regard sur moi, puis ferma les yeux en souriant. Et le craquement arrêta.

Au revoir grand-papa.

vendredi 26 décembre 2008

Matin de juin

Elle me réveilla avec sa langue. Ses yeux savaient déjà où ils s'en allaient. Je les guidait sans qu'ils s'en aperçoivent, laissant le doute embellir, laissant la chance la gagner de frissons, de sourires. Le soleil était à son plus haut, et il ne faiblissait pas. Ses rayons faisaient miroîter la sueur sur nos visages, sur son ventre.

L'intérieur de ses cuisses était si doux, si fragile, il me semblait précaire, prêt à s'effronder, à tomber dans le vide du désespoir, du non-sens, et à tout oublier. Sans foi ni loi. Juste pour dire qu'elle l'a vécu, durant quelques secondes, puis en parler comme d'une merveille, qui n'arrive qu'une fois. Avoir une fois ce sentiment, mais l'oublier tellement vite qu'il disparaît et se fait désirer aussitôt. Ses yeux savaient crier, et les lignes de blanc qui se dessinaient n'avaient rien de durable, si ce n'est le rire que cela allait provoquer.

mardi 9 décembre 2008

Vers le large

Je la sentais vivre au bout de mes doigts. Ses frissons résonnaient jusqu'à la rivière. Elle me tenait fermement, pour être certaine de puiser toutes les forces qui me restaient, de faire s'échapper la dernière goutte de plaisir. L'air chaud de la terre enveloppait ses fesses, appuyées contre l'écorce. La sueur coulait dans mes yeux, embués par les regards bleus.

Lorsque je me réveilla le lendemain matin, dans mon lit, elle me chevauchait, les yeux encore épuisés, faisant poursuivre mon rêve de douceur, pensant au monde imaginaire du ralenti, encore plus doux qu'à l'habitude.

Elle dormait sur le divan, se préparant à manger sa proie. Je regardais les arbres, qui se balançaient sur le vent, semblant demander leur chemin vers d'autres lieux, voulant s'envoler et revenir au début du cycle, sans souvenir et sans regard, juste pour avoir la surprise de vouloir apprendre, juste pour dire les mots dont l'on ne se lasse pas, pour faire les gestes inconscients, pour oublier le temps, et mourir sans arrêt.

Je ne la connaissais pas vraiment. Je savais à peine son nom. Mais l'emprise qu'elle avait sur moi m'effaçait petit à petit. Lorsqu'elle s'approchait de moi, je ressentais une profonde peur, un grand vide, sans air, figé dans le temps et dans le noir. Comme des années écoulées, comme des qualités oubliées. Ses yeux en savaient beaucoup. Si j'avais su qu'elle était si belle, je me serais jeté dans le ravin bien avant. Tu me manques, et je te hais.

samedi 6 décembre 2008

Défi

C'était il y a de cela très longtemps.

Ça devait faire deux mois. On faisait l'amour à tous les jours, parfois le matin. C'est tout ce qu'on espérait. C'est tout ce qu'on voulait. On se regardait, en s'embrassait à pleine bouche, les yeux remplis de lueur, et la langue amoureuse. Elle riait, elle jouissait fort, intensément, et elle disait qu'elle n'avait jamais autant aimé quelqu'un. Que personne auparavant ne l'avait comprise aussi profondément, ne l'avait regardait de cette façon.

Sa façon de dire les choses me fascinait. J'avais cette bizarre impression qu'elle était réellement en amour avec moi. Que ses attentions particulières avaient véritablement pour but de me rendre heureux.

Un matin que nous jouissâmes à l'unisson, elle me regarda, encore quelque peu sur l'orgasme, et elle dit, de tout son coeur, qu'elle serait prête à faire n'importe quoi pour moi. Je me retirai, et je la regardai pendant plusieurs secondes, cherchant le moindre mensonge, la moindre hésitation. Mais tout était vrai. Ses yeux étaient intactes, et cela me faisait peur. C'est là que tout a commencé.

À partir de ce moment, plus rien n'a été pareil. Même si je lui répétait que ce qu'elle disait était utopique, sans fondement sensé, propre aux rêves, elle continuait de répéter qu'elle ferait n'importe quoi. Vraiment? Vraiment. Moi aussi, j'aurais fait n'importe quoi, c'était évident, mais jamais je n'aurais pensé que cela irait aussi loin.

Je prenais plaisir à la faire souffrir. Je lui faisait seulement vivre les conséquences de ses paroles. Étant donné qu'elle était prête à tout, je lui dit pour commencer que se faire baiser par mes amis serait une preuve d'amour exceptionnelle, et qu'à mes yeux, elle serait la femme la plus aimante que je connaisse. Bien sûr, elle n'hésita pas un seul instant. Je dus admettre que la rigueur avec laquelle elle remplissait mes ordres était impressionnante.

Lorsqu'elle eût couché avec tous mes amis et qu'elle eût même déviergé mon jeune frère de 16 ans, je savais en regardant ses yeux qu'elle attendait de moi rien de moins que la même rigueur dont elle faisait preuve dans sa déclaration de l'amour qu'elle me portait. Je fus donc obligé de la prendre en levrette, lors des funérailles de mère, en arrière du buffet. J'étais assez fier de moi, et je pouvais voir dans ses yeux toute la fierté qu'elle portait à mon égard, émue d'avoir un homme sensible, et aimant.

Les choses se corsaient. Jusqu'où irions-nous? Quelles limites serions-nous capable de franchir? L'inconnu nous excitait, augmentait la ferveur avec laquelle nous nous lancions des défis. Notre amour ne cessait de grandir, de devenir plus fort, au fur et à mesure que nous marchions ensemble, dans la même direction.

Le jour où je lui ai demandé de se tuer a été un des plus beau jour que nous avons passé ensemble. Sa façon de me regarder, les larmes de joie coulant sur sa joue, son sourire, au moment même où elle lâcha la rampe du pont, ses yeux, si brillants et si clairs, sa bouche m'envoyant un dernier baiser, c'était là tout ce que je pouvais espérer de l'amour. Une femme qui m'aime, à la folie.

Chaque fois que je vais la visiter, j'y dépose des fleurs et un de mes doigts, pour m'excuser d'avoir été le moins amoureux des deux.

vendredi 28 novembre 2008

Appelle-moi

Se retrouver dans ses bras.

Juste un instant, s'échapper de la bouche des morts, sortir du front, respirer, et pouvoir dire qui l'on est. Avoir le courage de reculer. Embrasser l'inutile, et se laisser faire du mieux que l'on peut.

Reconnaître ses alliés, sourires communs. Se laisser prendre au jeu, puis se faire prendre, et tout perdre.

Renoncer aux plus grands honneurs, et sourire, en sachant le secret, le mystère. Sourire en cachant tout ce qu'une seule voudra voir. Entendre les rires, les souvenirs, mais les oublier, au profit de l'inconnu, et des yeux noirs. En voyant ce qui nous attend, apprivoiser ce que l'on a du mal à comprendre.

En espérant que les draps se soudent, mais en rêvant qu'ils brûlent. Salis par le jour, chaque jour, puis surpris par la nuit. La nuit la plus longue, et la plus claire.

Juste sentir son parfum de mûres, toucher ses seins parfaits, sa peau, douce, et être le seul à la comprendre. Être entre ses jambes, et glisser sa langue. La faire jouir, puis partir.

samedi 22 novembre 2008

L'île du survivant

J'étais le dernier, nageant encore près du navire qui s'enfonçait de plus en plus. On ne pouvait maintenant distinguer qu'une épave renversée, prenant son dernier souffle avant de sombrer.

Tous mes coéquipiers avaient quittés depuis un temps, et ils nageaient maintenant vers une île dont je ne connaissais le nom. Pourtant, j'aurais aimé.

Je nageais du plus fort que je pouvais, mais je ne réussissais pas à les rattraper. J'étais à tous les coups rabattu par une vague. Mais même si je voulais, l'île ne voulait pas de moi. Elle m'était hostile. Les palmiers et le sable ne voulaient pas me goûter.

Je les regardais au loin, tout sourire, m'envoyant la main, confiants. Il me semblait qu'ils riaient de moi, pris au piège dans mon immense trou, profond et froid, loin des regards, loin des étreintes, seul.

Mais je savais l'origine de cette eau, de cette vague qui nous avait tous avalés, mais qui n'avait recraché que moi. 

Ce navire que tous avaient quittés avait maintenant quelque chose de risible. Mais la gravité n'avait d'égal que le ridicule. Car j'allais maintenant dormir avec les poissons, incrédule, et mort.

samedi 15 novembre 2008

Nuit d'été

Il faisait si chaud.
Il faisait noir depuis deux heures au moins, et le bruit de l'eau enveloppait tout.

Nous étions assis depuis un bon moment, côte à côte, sans parler. Ce moment de silence était volontaire, comme un défi lancé à chacun. Comme une promesse de dépasser la limite du non-retour ensemble. De franchir la barrière délibéremment.

Sa main était sur ma cuisse. La chaleur mêlée au vent l'avait figée. La corde qui retenait sa camisole en place risquait de tomber à tout moment, fragilement retenue par la sueur de son épaule. Quelques mèches s'obstinaient sur son front, cachant le noir. Elles retombaient aussitôt qu'elle les replaçait derrière son oreille.

Ses yeux semblaient former un puit. Elle détacha mon pantalon, et glissa sa main. Ses yeux s'obscurcissent, et la corde de la camisole abandonna.

Elle vînt s'asseoir sur moi, et pris ma nuque dans ses mains, froides. Et elle m'embrassa, sensuellement, perversement. Sa langue me faisait mal, elle me buvait. Elle me tuait. Après un temps, elle s'enfonça.

Ses cuisses, douces et chaudes, se serraient contre mon dos. Elles glissaient sur la sueur. Le sexe sentait fort. Son désir en voulait plus. Elle me criait de lui faire mal. Elle voulait crier. Se saouler à mort. Se prendre pour une cocaïnomane. Crier et fermer les yeux. Se prendre pour un souvenir, penser au passé, sourire au présent, mais résister.

Elle m'embrasse par coups, elle veut gémir, mais je lui en empêche. Elle veut frapper, mais je la retient. Elle est soumise par je ne sais quoi, par elle sans doute.

Si on ferme les yeux, on est mort. On est vide. Elle est vide. Elle tue le moment. Elle brise la pellicule. Elle interrompt la musique.

Elle pense aux images multicolores, aux paysages qui n'arrivent qu'une fois, qu'une seconde. Ses mains en veulent plus, son va-et-vient n'en vient pas à bout, fatiguer de faire semblant, content d'avoir commencé, mais heureux d'avoir fini.

Elle me regardait comme une enfant malhonnête, se cachant de son propre rêve. Nos ventres étaient soudés, comme deux briques. Elle s'appuyait sur moi.

L'écho de ses cris revenaient en témoins. La lune projetait sur elle un voile, invisible.

Puis la forêt se réveilla, sans jamais avoir dormi pour autant.

mardi 4 novembre 2008

Nuit d'hiver

Elle portait un long manteau qui lui arrivait aux chevilles. Les quelques gouttes qui étaient restées collées à la pointe de ses cheveux tombaient lentement sur le tapis qui les absorbait d'un coup. Ses mains semblaient gelées, rougies par la neige qui fondait au contact de la peau.

Il faisait noir depuis longtemps, et le seul bruit que l'on entendait provenait du camion qui ramassait la neige, quelques rues plus loin. Les flocons qui tombait semblaient absorber le temps, rendant le son sourd et flou.

Elle n'alluma pas la lumière tout de suite. Le lampadaire de la rue éclairait le côté de son visage et lui donnait une couleur jaune, dorée, presque irréelle. Elle retira lentement son manteau, sans me quitter des yeux.

Un infime bourdonnement sonnait dans mes oreilles, égalisant les bruits éparts. Comme elle s'approchait, j'enlevai ma tuques, laissant apparaître mes cheveux, mouillés et entremêlés par le froid. Elle glissa sa main, puis sur mon oreille, comme pour la réchauffer. La laine de son chandail dégageait une chaleur douce, qui me fit soupirer.

La maison était toujours plongée dans le noir, dans un fascinant et bruyant silence. Toutes les discussions semblaient être inutiles. Seuls nos respirations, de plus en plus rapide, enveloppaient la chaleur. Elles devenaient notre langage par sa vitesse, augmentant la tension.

Ses yeux en amandes avaient de grandes questions. L'immensité du ciel noir qui se dessinait m'envahit d'un grand vertige, presque jouissif. Le coin du ciel replié, elle montrait son sourire.

Les métronomes concordaient, le tempo était unique. Le sang remontait plus vite, il semblait perdu. Mes yeux devenaient vitreux, flous, ayant peine à le croire.

Son souffle devenait le mien, la chaleur de son ventre et de ses seins se rapprochait de mon torse froid et vierge. Les frissons éclatèrent de partout, brisant la cohésion de ma peau. La douceur qui s'échangeait portait sur elle un parfum de mûres. L'étreinte restait sensible, à l'écoute. Le parfum devenait plus intense, et les odeurs se mélangeait, ne se distinguaient plus.

Elle me donna le premier baiser, sur mon cou, et les anneaux de la collision se répandirent jusqu'à mon sexe, faisant éclater la mince et fragile barrière de la retenue.

Nos bouches se trouvèrent en peu temps. Sa langue rude et chaude cherchait le moindre frisson, la moindre émotion, mais il y en avait trop. Mes mains prenaient tout son corps, je me l'accaparait. Je lui prenait tout, et elle me le donnait. Sa pupille brillait sur mon oeil, le sourire déjà fatigué.

Ma bouche se promenait sur son corps. Je goûtais au plaisir, aux frissons, aux larmes. Nous réveillâmes le silence. Elle prit mon corps dans sa main, dans sa tête, et le noya. Je n'avais plus aucun contrôle sur ma pensée, sur mes actes. J'étais en transe. Dans un autre monde.

Elle enlevait le poids de mon corps. Je flottais sur elle, et elle flottait sur moi. À l'intérieur, le plaisir grondonnait, s'ouvrait.

Elle aspirait ma langue en me regardant avec ses grands yeux bleus, prête à mourir pour ce moment. Elle respirait si fort que le toit s'incurvait. J'avais entre mes mains ses fesses, puis son dos, lisse. Nous haletions comme des animaux en manque de sang. Sa sueur coulait sur mon front. Elle me consumait, me buvait. M'emmenait là où elle allait, où elle voulait aller. Et le tic tac arrêta, net.

Puis nous mourûmes. Tout devînt blanc. Sans bruit. Rien. Juste ses yeux. Bleus. Ses yeux bleus. Et sa langue. Et son dos si lisse. Cris. Plusieurs cris. Tellement fort. Tellement chaud. Assourdissant.

Puis nous nous écroulâmes. Mon âme était parti se réfugier dans son coeur. Elle était belle. Si lisse. Et mouillée. Le sourire d'un ange.

Elle revînt sur moi, et m'embrassa en souriant, avant de me tuer à nouveau.

Été 2009

Si vous le permettez, déconnectons quelques instants de mon univers faussement poétique. J'aimerais vous parler de quelque chose de sérieux. Enfin, je crois. Il s'agit de mon premier court-métrage.

J'aimerais donc vous annoncer que mon premier court-métrage sera à l'affiche cet été, pour un soir, et que j'y inviterai toutes les personnes importantes dans ma vie. Je veux vous dire tout cela pour m'obliger à ne pas reculer devant ce projet qui m'apparaît parfois insurmontable.

Cependant, je ferai tout et j'y mettrai tous les efforts possibles et imaginables pour faire aboutir ce film, qui sera d'une dizaine de minutes, dont j'aurai signé le scénario et la réalisation.

Sans vous en faire un synopsis ou un résumé, je peux simplement vous dire que le thème sera le sexe. Oui. Le sexe. Je trouve ce sujet absolument fascinant, dû en grande partie à la joie que j'éprouve en regardant le malaise vécu par plusieurs personnes à la vue d'images perverses. Mais soyez rassuré chers fans, mes images ne seront pas gratuites ni sexuellement explicite. Je ne pourrais me permettre de me faire ce genre de réputation, allons donc!

lundi 3 novembre 2008

Karma

Sans soupirer, elle me fixe.
Elle me lance du bleu, du blanc.
Sa main développe mon coeur.

Elle prend son temps pour s'asseoir.
Elle prend bien son temps.
Chaque seconde ralentit.

Elle me parle enfin, sans mot.
Puis le fleuve coule dans les espoirs forgés par le temps.
Le rouge éclaire la pièce jusqu'en dessous du témoin.
La vague de fond remplit les veines du nord,
Elle assomme le rempart, le brise.

La mélodie empiète sur le silence.
Le noir devient flou, les bleus se rapprochent, le rouge éclate.
Les sons deviennent sourds, les couleurs deviennent aveugles.
Le début revient, et tout s'efface.

samedi 1 novembre 2008

Étourdi

Être étourdi.

Être dans le paroxysme sans rien pouvoir dire.
Ne jamais trembler et ne jamais laisser paraître.

En surface et du plus profond de son coeur, cacher.
En s'endormant, le plafond brille et le bruit enveloppe,
la chaleur calme faussement, le sourire fait sourire,
la peur du changement brise le réel, le refus s'empare.

L'aurore du matin surprend, puis prend tout son sens.
La vérité sort des pupilles de l'inconnue, la plus connue d'entre tous.

Éloigner le manque et le vrai,
Cacher la paresse du malheureux,
Ouvrir la seule porte entrouverte, la plus lourde,
Et fracasser l'inconnue, et la perdre, pour toujours.

mercredi 8 octobre 2008

Être avec la fille de sa vie,

Être avec la fille de ses rêves.

Différent.

L'un dure beaucoup plus longtemps.

mercredi 10 septembre 2008

Demain

Vivre avec ses tripes.
Comme une musique qu'on aime qui n'arrête jamais.

'Coudre la bouche de ceux qui restent conscients.'

Tuer tout ce qui est sur notre route.
Anéantir le doute. Ne faire vivre que le pur, le blanc.

Articuler la mélodie pour qu'elle colle à notre ventre.
Défendre les larmes qui coulent de haut.
Écrire les romans du futur.
Brouiller les pistes.
Puis mourir.

jeudi 28 août 2008

Useful

Autant dire que ça vaut pas la peine.
Quand la procrastination devient votre mode de vie, votre ligne de pensée, ça vaut plus la peine.

Faire cela pour ça. Accomplir ceci pour pouvoir arriver à ça.
Faire quelque chose tout simplement pour le faire; est-ce que ça arrive souvent? Est-ce que vous vous dites, lorsque vous accomplissez quelque chose, que vous le faites seulement pour le faire, seulement pour avoir la joie de faire cette chose, dans le seul but d'en jouir? Non. Impossible.

C'est tout simplement impossible.
On fait tous quelques choses pour d'autres quelques choses.

L'amour par exemple. On aime pour être heureux. On aime pour ne pas se sentir seul. On aime pour avoir confiance en soi. On aime pour baiser. On aime pour s'engueuler. On aime pour jouir. On aime pour bien paraître. Et on aime pour ne pas trop penser aux problèmes.

Qui aime pour aimer? Personne.

Personne, mis à part ceux qui s'aiment pour vrai. Ceux-là, ils s'aiment, pour s'aimer. Ce sont des âmes soeurs.

Des âmes soeurs, ce sont deux personnes qui sont authentiques l'un envers l'autre de la façon la plus extrême qui soit. Ils ne peuvent qu'être eux, sans faire semblant, et ils se connaissent sans se connaître.

Est-ce que ça existe? Non. Trouver son âme soeur, ça tient du miracle. On tend vers. C'est tout. Mais on peut se permettre d'arrondir.